DJIBOUTI — Le 25 mars 2026, le régime de Ismaïl Omar Guelleh, accompagné de Kadra Mahamoud Haid, a une nouvelle fois mis en scène une cérémonie pompeuse pour célébrer la Journée internationale des droits des femmes. Discours solennels, décor institutionnel, élites triées sur le volet : tout était réuni pour fabriquer l’illusion d’un pays engagé en faveur de l’égalité.
Mais cette célébration n’est rien d’autre qu’une imposture politique.
Depuis des décennies, le pouvoir en place s’est appliqué à démanteler méthodiquement les fondements mêmes de la société djiboutienne. L’éducation est affaiblie, le système de santé défaillant, et l’ascenseur social pratiquement inexistant. Résultat : une jeunesse abandonnée, sans avenir, livrée à elle-même.
“Un régime qui célèbre ce qu’il détruit”
Dans ce contexte, prétendre promouvoir les droits des femmes relève d’un cynisme absolu.
Car la réalité est brutale : derrière les discours officiels, des milliers de jeunes femmes vivent dans la précarité la plus totale. Sans emploi, sans protection, sans perspectives, certaines se retrouvent contraintes à des situations d’exploitation pour survivre dans une économie verrouillée par le pouvoir.

Une économie confisquée, une jeunesse sacrifiée
Le système mis en place par Ismaïl Omar Guelleh repose sur la concentration des richesses entre les mains d’un cercle restreint. Les opportunités ne sont pas distribuées selon le mérite, mais selon la proximité avec le pouvoir.
Ce verrouillage a des conséquences directes : un chômage massif, une frustration sociale explosive, et une jeunesse réduite à chercher des alternatives de survie dans un environnement sans règles ni perspectives.
Pendant ce temps, le régime ose parler d’« inclusion » et d’« égalité ».
La dignité des femmes réduite à un slogan
La participation active de Union Nationale des Femmes Djiboutiennes et du Ministère de la Femme à cette mise en scène interroge profondément. S’agit-il encore de défendre les femmes, ou simplement de servir de vitrine à un pouvoir en quête de légitimité ?
Les prix distribués, les discours répétés et les hommages officiels ne changent rien à la réalité quotidienne. Ils servent uniquement à masquer l’échec d’une politique incapable de garantir les droits fondamentaux les plus élémentaires.
Une hypocrisie assumée.
Le contraste est saisissant : d’un côté, un pouvoir qui célèbre « Droits, Justice, Action » ; de l’autre, une population féminine confrontée à l’exclusion, à l’insécurité économique et à l’absence de protection réelle.
Cette contradiction n’est pas accidentelle. Elle est le produit d’un système qui privilégie l’image internationale et la communication politique au détriment de la justice sociale.
Une mise en scène qui ne trompe plus
Ce type de cérémonie ne convaint plus que ceux qui en bénéficient directement. Pour le reste de la population, il s’agit d’un spectacle déconnecté, voire insultant.
Car célébrer les droits des femmes dans un contexte où ces droits ne sont pas garantis revient à nier la réalité vécue par une majorité silencieuse.
La question n’est plus de savoir combien de discours seront prononcés, ni combien de prix seront distribués. La question est simple : quand des changements réels auront-ils lieu ?
Tant que le pouvoir restera concentré, que les ressources seront accaparées et que les institutions serviront d’outils de communication, aucune avancée durable ne sera possible.
Et tant que cette situation perdurera, chaque célébration officielle des droits des femmes à Djibouti restera ce qu’elle est réellement : une mascarade politique au service d’un régime en perte de crédibilité.